Télécom : quelle est la conséquence d’une guerre tarifaire : l’Assemblée Nationale auditionne X.NIEL sur stratégie de Free – Decryptage Episode 1

Audition 25/1/2012 – X.NIEL Commission Affaires Eco sur Stratégie Iliad mobile et fixe Mercredi 25 janvier à 10h, la commission des affaires économiques a auditionné Xavier Niel, vice-président et directeur général délégué à la stratégie d’Iliad (Free). La Commission des Affaires Économiques lance une série d’auditions relatives à l’impact de la concurrence sur le secteur des télécoms à l’occasion de l’ouverture commerciale de Free Mobile : 1ère de la série d’auditions est FREE (25/1/2012), la suivante Orange (fin janvier 2012). Les annonces de Free relatives au lancement de son offre de téléphonie mobile le 11 janvier 2012, ont eu un énorme écho médiatique avec des réactions très vives aussi bien positives que négatives. Cette médiatisation a permis notamment de soulever une question stratégique auprès des décideurs politiques : « quel est le bon équilibre entre une concurrence qui permet une augmentation du pouvoir d’achats des citoyens et une marge d’exploitation indispensable pour assurer le financement des investissements dans les infrastructures tout en préservant l’emploi ». L’impact de la pression concurrentielle sur l’emploi et sur les investissements L’enjeu est notamment d’analyser si la restitution de pouvoir d’achats aux foyers/clients en deçà d’un certain niveau tarifaire n’entraine une baisse général des tarifs n’engendrera pas une baisse des investissements dans les infrastructures à un moment où la croissance des usages du numérique nécessite de financer une nouvelle génération de réseau au cours des 10 à 15 prochaines années (réseau filaire fibre optique généralisé pour l’accès fixe très haut débit des foyers/professionnels/TPE/PME/établissements publics et renforcement du réseau de collecte des réseaux mobiles pour acheminer les services internet mobile connaissant une croissance supérieur à 100% par an). L’audition à l’Assemblée Nationale ne répond pas à cette question mais elle peut-être vue comme une première volonté des parlementaires de décrypter les conséquences d’une approche purement concurrentielle du secteur des télécommunications qui pourraient entrainer une fragilisation des capacités d’investissements dans les infrastructures et le bilan global sur l’emploi dans la filière. Free se défend de ne pas être une entreprise « low cost » mais « différente ». On sait que l’on peut techniquement avec la 3G plus aller à 42 Mbit/s mais on annonce aucun débit car celà dépend de trop de paramètres. Victime de son succès : « demandes d’informations 3 à 4 millions requêtes le jour du lancement : d’où il a été impossible de s’abonner le 1er jour ». Dividende versé par iliad 30ct à 40 ct par mois, les dividendes versés par orange sur la branche téléphonie mobile, le téléphone mobile permettrer de baisser de 50%, entreprises de rendements, il faut un juste partage de valeur, entre salariés, les clients et les actionnaires….  » X.Niel n’évoquant pas ici l’emploi et les investissements. Pour l’emploi, Xavier Niel cite des chiffres de l’ARCEP de « l’année 2000 à 2009, l’emploi des opérateurs télécoms est passé de 160 000 à 130 000 … mais depuis l’attribution de la 4eme licence il n’y a plus eu de baisse, parce que la concurrence pousse chaque acteur a être meilleur et donc à mettre plus de service pour répondre mieux aux clients … ». Les chiffres de l’ARCEP démontrent le contraire de ce que X.Niel explique. Il y a bien depuis 10 ans une baisse moyenne de l’ordre de 3000 emplois par an. ADSL les opérateurs qui n’ont pas de réseau ont disparus … déployer notre réseau en propre. Commande pour 5000 antennes, prévoit 1 Milliards € d’investissements dans le mobile. Factuellement, nous constatons que les opérateurs télécoms ont depuis 10 ans perdus en moyenne 5 000 emplois chaque année, ce mouvement pourrait être accentué (notamment chez les principaux groupes Orange / SFR) et non compensés par les nouvelles embauches. Au niveau des capacités d’investissements, l’on constate que face aux besoins de mobiliser 25 à 30 milliards d’euros sur 10 à 15 ans, les opérateurs télécoms actuellement n’affichent qu’un programme de l’ordre de 2 à 3 milliards €. Pourtant la rente des réseaux cuivres qui profitent aussi bien à Orange qu’à ses concurrents qui tire profit d’un écosystème qui est relativement profitable à tous les acteurs, conduit plus à maintenir le plus longtemps possible commercialement les clients sur le DSL et « La fibre il n’y a pas de demande grand public », c’est un point qui « la montée en débit … nous sommes en attente d’une mise en place large plus vaste, car ils ne veulent peut etre pas de la fibre mais ils veulent de l’internet » Collectivement nous avons déployés l’aDSL de très bonne qualité, nous avons le haut débit le moins cher du monde, … mais c’est vrai que celà dépend où … notre souhait dégrouper l’intégralité des répartiteurs français et ensuite passer à la fibre optique » « déployer un réseau c’est pas facile, mais on y arrive… nous pensons que notre seule  » « nous déployons les villes moyennes, accord TDF, grands bailleurs, …. c’est plus facile avec le mobile qu’avec l’ADSL, on espere etre tres avance pour 90% de la population en 2018 en passant notamment tres vite de 1000 antennes actuelles à plus de 5000 antennes. « Pour le déploiement des réseaux de fibre optique il existe des chiffres publics, en 2010, Orange 80 m€, SFR 120 m€, FREE 216 m€ ….Pourquoi ? Parce qu’on croit au réseau, parce que c’est le seul moyen d’exister et de nous différencier. Pour comparaison, France Télécom investit 13 % de son chiffre d’affaires contre 37 % pour ILIAD, soit la totalité de notre cash !  »  » quelle est la fenêtre de temps que vise Free pour fibrer la France ? : Nous pensons qu’il faudra 10 à 15 ans pour couvrir la totalité du territoire  » pour premier décryptage il faut rappeler que les intentions déclarées des opérateurs de couverture de 3600 communes d’ici 2015 pour environ 57% de la population représentent à minima 6,5 milliards € d’investissements. décrypter sur la base de ce cumul 2010, le total représente que 400 M€ à ce rythme il faudrait 15 ans pour atteindre l’objectif d’investissements dans les zones denses et au delà atteindre les 25 à 30 milliards il faudrait entre 60 et 75 années ! en 2011… on continuera à investir dans notre réseau, … on peut croire free mais le niveau de financement est sans commune mesure avec les la contradiction de Free : utiliser notre propre réseau, et atteindre 100% des foyers d’ici 10-15 ans … au rythme actuel qui est selon les propros de X.NIEL déjà un très gros effort puisqu’il représente quasiment la totalité de son cash, il ne pourra contribuer qu’à couvrir « Pointage time code 116.40 » : Sur le déploiement de la Fibre optique et THD : « on a prévu de déployer en propre 4 à 5 millions dans les zones denses, après on a un accord avec orange et d’autres acteurs… 10 millions de prises supplémentaires…a des endroits ou les acteurs s’entendent ensuite comment on passe de 15 à 25 millions de foyers, besoins de bonne foi, je ne suis pas sur que l on ne vous est pas abreuver de notes de mauvaises fois, on a besoin collectivement de bonne fois, il faudra une génération entière pour couvrir tout le territoire … le deploiement a commencé en 2006 et 6 ans plus tard tout paris n’est pas couvert à 100% et je ne parle pas de la Région, c’est long …. ! c’est la question que l’on doit se poser aujourd’hui comment on arrive a le faire, ceux sont des lignes pas rentables meme si tous les acteurs s’entendent « on a besoin , d’intelligence, de concertation et de bonne foi et de notre part les 1er je ne suis pas sur que l’on ne vous ai pas abreuver de notes pleines de mauvaises foi à ce sujet ….  » « Pour les 10 ou 15 ans qui viennent pour couvrir la totalité du territoire en fibre optique, il faudra une génération ». le deploiement de notre reseau pour deployer le plus plus possible notre propre réseau …. Time code : 119.00 « Les déploiement de la fibre optique avec les réseaux d’initiatives publiques (RIP), c’est parfois compliqué parce que souvent ils sont attribués à des acteurs qui sont nos concurrents, donc cela ne facilite pas obligatoirement les négociations et on a un peu de paranoïa parfois, et quand c’est attribué à des sociétés indépendantes, on a l’impression parfois que l’engagement sur les tarifs sur le long terme, ne correspond pas a ce que l’on peut attendre … mais encore une fois c’est peut etre nous qui ne nous intéressons insuffisamment à celà, mais sur toutes solutions ou situations cohérentes, … nous serions bien évidemment clients. » Rappelons que FREE n’a jamais été candidat à aucun projet de RIP, donc on peut effectivement dire qu’il y a une marge de manœuvre pour que Free s’intéresse plus aux RIP, en tout cas l’annonce de Xavier Niel est bien enregistrer car par le passé il a plutôt privilégié le partenariat avec France Télécom et la pression sur l’ARCEP ensuite pour faire évoluer les tarifs de France Télécom plutôt que d’utiliser les RIP qui par leur existence même facilitait la négociation entre Free / ORange avec l’ L’on voit bien ici le gap qui existe entre la capacité des acteurs y compris FREE à financer les nouvelles infrastructures en dehors de la simple « modernisation » de leurs offres sur le réseau ADSL. Le basculement d’un patrimoine historique monopolistique du cuivre vers un patrimoine fibre optique pose donc bien la question des modalités de son financement dans un contexte où la rente du cuivre n’est pas utilisé pour celà. Celà conduit les opérateurs à développer un argument qui cherche à démontrer que le consommateur finalement n’a pas d’appétence pour la fibre optique. Cette position met en doute les propres ambitions qui avaient été les leurs dès 2006 (Free annonçait alors la commercialisation sur tout Paris de la fibre d’ici 2010, ce qui finalement n’est toujours pas le cas en 2012, les autres opérateurs n’exerçant pas plus de pression commerciale pour convaincre les clients à basculer du DSL à la fibre). Le paradoxe du déploiement et de la commercialisation de la fibre peut se résumer ainsi : déploiement d’un réseau là où l’offre DSL et le câble sont déjà les meilleurs, sur un marché où le meilleur de l’ADSL continue à être développé et le câble est présent » La Corse : déploiement en dégroupage, sécurisé grace à une convention entre Collectivité et France Télécom. « Sur Outre MEr : des acteurs abusent plus que de raisons, Mayotte Internet fixe, reclame un accès fibre qui permette d avoir localement du haut débit à un tarif identique. » le jour où on aura des offres rationnelles d’accès en fibre on viendra dans les DOM « …. => pour celà X.Niel n’aborde pas l’enjeu des collectivités pour rendre possible ces conditions tarifaires car le tarif pratiqué par les opérateurs de cable sous-marin n’est pas compatible avec l’objectif de free est de disposer d’un accès fibre optique dans les DOM vers la métropole de l’ordre de 1 € le Mbit/s. Actuellement, le cout est de l’ordre d’un facteur 50 à 200 fois ce niveau pratiqué en métropole. si les collectivités doivent elles le financer, jusqu’alors tous les réseaux ont été financés en auto-financement (exemple taxe sur les réseaux électriques pour les réseaux ruraux).

01 Jan 1970