Signature du contrat stratégique de filière d’Infrastructures du numérique

Le contrat entérinant les infrastructures numériques en tant que filière stratégique de l’Etat a été signé ce mercredi 18 décembre par Agnès Pannier Runacher, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Economie et des Finances, les Présidents des fédérations AFNUM, FFT, INFRANUM et SYCABEL, ainsi que Stéphane Lelux, qui présidera la commission internationale.

Quels sont les objectifs prioritaires du CSF Infrastructures du numérique ?

Si le numérique est au cœur de l’économie d’aujourd’hui, l’infrastructure est quant à elle la condition sine qua none à son aboutissement et sa diffusion.

Forte d’un savoir-faire acquis depuis plusieurs décennies, la filière française des Infrastructures du numériques est constituée d’un nombre important d’entreprises dont la chaîne de valeur s’étant des fabricants de câble, en passant par les équipementiers, et les opérateurs télécoms. Elle s’est dotée pour ambition de connecter les citoyens et de largement contribuer au développement d’usages innovants dans les territoires au bénéfice de toutes et tous.

Cette vocation se traduit directement dans les chiffres : la filière Infrastructures numériques investit chaque année des milliards d’euros dans la construction des réseaux de demain dont la majeure partie, plus de 10 milliards d’euros, émane des seuls opérateurs télécoms. Les investissements en recherche et développement sont également très importants, à l’aune du lancement de la 5G en France, et de l’avènement des Smart territoires.

La filière doit néanmoins relever de nombreux enjeux : favoriser l’innovation avec l’introduction de la 5G ; mieux accompagner les entreprises et les collectivités dans leur transformation numérique ; développer l’emploi et les compétences vers nos métiers du futur ; améliorer la visibilité, à l’exportation, de notre filière d’excellence.

Conscient de ces défis structurants, le CSF Infrastructures du numérique s’est donc fédéré autour des instances qui travaillent, quotidiennement, afin de les relever : les fédérations professionnelles, les entreprises du secteur, les syndicats de salariés, l’Etat, les collectivités et leurs associations représentatives. L’ensemble des signataires de ce nouveau contrat de filière se sont accordés sur une première liste de quatre projets ambitieux :

Parmi les objectifs prioritaires en terme d’événements internationaux pour 2020, il convient de noter la participation de la filière au Sommet Afrique-France consacré à la Ville durable qui se déroulera à Bordeaux en juin, ainsi que la participation de la filière au sommet célébrant les 50 ans de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) qui se déroulera en décembre 2020 à Tunis.

Capitaliser sur les atouts de l’industrie française

L’industrie française des fils et câbles électriques et de communication (terrestres et sous-marins) constitue l’un des plus importants secteurs de la construction électrique nationale et, par la présence des grands leaders, elle se situe au premier rang mondial. Acteurs principaux dans le transport et la distribution de l’énergie et dans les organes de transmission des signaux électriques ou optiques, les fils et câbles électriques sont présents partout. La France se hisse ainsi au premier rang des producteurs de fibres optiques en Europe.

L’industrie française des câbles de communication s’inscrit donc pleinement dans l’enjeu du déploiement du Très Haut Débit (dont le Plan France THD représente la pierre angulaire) et se positionne comme le premier maillon de la chaîne de valeur de la filière Infrastructures numériques. Elle participe à enclencher les processus de digitalisation et de mise en réseau en proposant des matériels à la pointe de la technologie, forte d’un savoir-faire français parmi les plus reconnus dans le monde.

La France peut ainsi compter sur une industrie toujours plus innovante, au service du grand public, des entreprises et des collectivités, afin de poser les premières bases des infrastructures d’aujourd’hui et de demain et permettre le développement économique du plus grand nombre. Une industrie donc ancrée sur son territoire national, mais qui témoigne également d’une réelle force à l’exportation puisque plus de 40% de sa production nationale est aujourd’hui exportée vers l’international.

Les activités de fabrication d’équipements de radiocommunications sont aussi largement représentées en France. Cette activité se développe au rythme des innovations technologiques et participe au renforcement de l’écosystème des infrastructures numériques en se plaçant au centre de celui-ci. La France compte de grandes multinationales mais également un tissu étoffé de TPE/PME.

Les activités de fourniture de services de communications électroniques, d’exploitation et de maintenance de réseaux télécoms témoignent, en France, d’un savoir-faire précieux et d’une réelle maîtrise des enjeux liés aux infrastructures numériques. Le marché français des opérateurs télécoms reposent aujourd’hui, et essentiellement, sur une culture de concurrence par les infrastructures, conduisant les opérateurs de réseaux à innover en proposant les prix les plus faibles pour les consommateurs et les entreprises. Ils participent également au développement de l’innovation dans les couches sous-jacentes à ces réseaux en permettant une connectivité toujours plus performante grâce au déploiement du très haut débit fixe et mobile. Ces réseaux fixes et mobiles représentent un enjeu particulièrement important puisqu’ils participent également à favoriser le développement économique local.

Les opérateurs télécoms préparent aujourd’hui l’arrivée de la 5G alors que leurs investissements dans le déploiement de la 4G et du Très Haut Débit fixe suivent une courbe ascendante. L’enjeu est double : innover toujours plus et pour le plus grand nombre.

La filière s’appuie également sur les pôles de compétitivité et les centres de recherche. Les pôles sont devenus un pilier de la dynamique d’innovation et ont eu une mission d’animation des écosystèmes régionaux avec une collaboration accrue entre grands groupes, ETI, PME, universités et centres de recherche. Ceci a permis une accélération des projets de recherche à caractère industriel avec une couverture régionale forte et complémentaire.

Un certain nombre d’appels à projet témoignent également de l’enjeu lié aux infrastructures numériques. Le guichet 5G sur la bande 26 GHz lancé par l’Arcep en janvier 2019, dont l’objectif est de permettre la mise en œuvre de plateformes ouvertes d’expérimentation et tester les nouveaux usages permis par la 5G, démontre l’importance de l’infrastructure numérique, pilier essentiel pour le développement de la compétitivité des entreprises et de l’économie française.

La filière Infrastructures numériques peut s’appuyer sur Bpifrance et Business France qui accompagnent les entreprises de la filière à chaque étape de leur développement. Bpifrance soutient par ailleurs ces entreprises dans leurs projets d’innovation et à l’international.

Relever les défis de la 5G, du développement de Smart Territoires, de l’emploi et de l’export

La filière doit désormais anticiper la mise en œuvre des nouveaux réseaux très haut débit et 5G afin de parfaire le savoir-faire français en la matière. Cette nécessité devra, comme cela est déjà le cas pour les réseaux actuels, servir de socle pour les marchés verticaux qui se développeront inévitablement avec l’arrivée de nouvelles technologies de réseaux. Il est donc essentiel de maîtriser ces technologies allant de la fabrication du matériel à son utilisation, au bénéfice donc de la filière Infrastructures numériques mais également de toute filière dont l’infrastructure numérique est un enjeu essentiel à son développement et à sa capacité d’innovation. La réussite de ce défi se traduira par une connectivité accrue dans le monde de l’industrie ; connectivité qui ne sera plus seulement un outil support mais la maille essentielle à la prospérité de l’entreprise.

La filière Infrastructures numériques entend bien œuvrer au bénéfice de toute autre filière-clé (industries automobiles, transports, industries et technologies de santé, industries de sécurité, industries militaires etc.) afin d’identifier leurs besoins en matière d’infrastructures et nouer de nouveaux partenariats. Ce travail d’identification doit être mené rapidement. L’industrie dans sa globalité ne doit pas non plus être mise à l’écart. L’infrastructure numérique ne doit pas seulement permettre le développement d’usages nouveaux, elle doit aussi être en mesure d’apporter souplesse, productivité et compétitivité à toute industrie ancrée dans le paysage économique français (« l’usine du futur » en métallurgie, aéronautique, chimie etc.).

La filière Infrastructures numériques doit également être en mesure d’agir au bénéfice des territoires. En ce sens, les nouveaux usages liés au développement des villes et territoires intelligents (Smart territoires) devront faire l’objet d’une attention particulière. Ils représentent un enjeu commercial et technologique fort et viendront améliorer les services aux citoyens et entreprises dans les territoires.

Si la vocation transversale des travaux de la filière Infrastructures numériques représente un réel défi, il apparait également essentiel de renforcer la filière dans sa capacité à exporter. La France est pionnière en termes de développement de réseaux ouverts et mutualisés, bénéficiant de matériels et d’opérateurs d’infrastructures cumulant un réel savoir-faire. Il s’agit désormais de promouvoir ces fleurons de l’industrie française pour le développement et le rayonnement de la filière à l’international.

Enfin, le dernier défi est celui de l’emploi. La réussite du plan France THD repose sur la mobilisation en quelques années d’un grand nombre d’ETP (emplois temps plein) sur les métiers de la fibre optique. Il faut d’une part étendre au niveau local les actions déjà engagées et d’autre part, anticiper une gestion RH de long terme pour ces agents qui seront mobilisés principalement jusqu’en 2022. Ainsi, la généralisation de la 5G et des Smart territoires reposera également sur une forte mobilisation en matière d’emploi et de développement des compétences. Afin de pérenniser l’emploi dans la filière Infrastructures numériques, il devient nécessaire d’anticiper les passerelles des métiers du THD vers les nouveaux métiers qui apparaitront avec le déploiement des nouveaux réseaux.

18 Déc 2019