Il était une fois le Très Haut Débit … SFR sonne l’heure de la bataille du fixe

 width=Le marché Français du mobile depuis l’arrivée de FreeMobile a été profondément bouleversé. A l’inverse, le marché français de l’accès fixe connait depuis quelques années une lente mutation avec un marché du haut débit fixe qui arrive à maturité et affiche une faible progression du nombre d’abonnés (+4% sur un an) dans la dernière édition de l’observatoire ARCEP (Publié le 30 mai 2013, selon l’observatoire du marché des communications électroniques, la France comptait au 31 mars, la France comptait plus de 24,2 millions d’abonnements haut et très haut débit sur réseaux fixes dont 22,5 millions de connexion haut débit dominé à 98% par le DSL et 2% pour les autres technologies dont le câble, Wimax/Wifi et le satellites).

Le fixe compte désormais sur le potentiel de croissance du Très Haut débit avec l’arrivée de la fibre optique dans les foyers (FTTH et câble THD technologie FTTLA) et toutes les entreprises (FFTH entreprises …). Ainsi en 12 mois, la France a connu une hausse de +68% du nombre d’abonnés au FTTH (Estimés à 365 000 fin mars 2013). Désormais, 19% des logements éligibles au très haut débit font l’objet d’un abonnement, ce taux croissant régulièrement.

Dans ce contexte SFR qui déclare environ 120 000 abonnés fin mai 2013 fait figure d’incontestable numéro 2 derrière Orange (Plus de 200 000 abonnés FTTH) devant FREE qui atteint à peine quelques dizaines de milliers de clients (50 000 environ fin mai 2013). Les autres FAI (WIBOX, Bouygues Télécom …) représentent actuellement quelques milliers d’abonnés (notamment via les RIP réseaux d’initiatives publiques).

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Article des Echos - 5 juin 2013 - Solveig GODELUCK

A noter que dans le marché encore naissant du Très Haut Débit français, Numéricable faisait un peu « cavalier seul » depuis plusieurs mois (+40% d’abonnés au dernier trimestre 2012) avec son offre FTTLA pouvant atteindre 200 Mbps qui comptait plus 635 000 abonnés représentait les 3/4 des abonnés très haut débit de l’hexagone fin décembre 2012.

Dans ce contexte SFR en annonçant le 4 juin 2013 le lancement d’une offre à 300 Mbps pour ses clients éligibles à la fibre, vient d’engager la bataille du Très Haut Débit fixe. A noter que SFR précise que 90 % de son parc éligible à la fibre optique pourrait basculer en 300 Mbps.

De plus SFR, dans les pas de Google Fiber (à Kansas City, Austin et Provo)  width= ou de Hong Kong Broadband (HKBN)  va tester une offre allant jusqu’à 1 gigabps (download et 100 Mbps upload). Ce n’est qu’une étape mais elle permettra de tester la rupture avec les technologies cuivre actuellement commercialisées et dominantes en france. C’est une opportunité pour tester de nouveaux services, si l’on veille à ce que l’écosystème de création de contenu et de services puisse en développer de façon ouverte la valeur ajoutée.

Pour plus d’information sur le basculement du marché vers l’accès gigabit lire (Gigabit Race is on) le report de Benoit FELTEN président de Diffraction Analysis

Nous pouvons espérer que cette initiative entraine le marché français vers une boucle vertueuse d’offre qui libère les très haut débit au profit d’une dynamique de nouveaux services et d’usages fixes innovants.

Au moment où le gouvernement français vient de fixer sa feuille de route pour le soutien des initiatives de collectivités locales dans les projets d’infrastructures très haut débit et confier à Paul Champsaur une mission pour réflechir aux conditions d’extinction du réseau cuivre, ce signal du marché pourrait contribuer à accélérer la dynamique du basculement au Très Haut débit de la France.

Stéphane LELUX – président de TACTIS, Administrateur de Renaissance Numérique              

05 Juin 2013