Google commercialise l’accès 1 gigabit/s fibre optique à Kansas City

Google a lancé fin juillet 2012 son offre fibre à Kansas City ….effets de la fibre illustrés par Goog width=le à Kansas City …. avec des offres gratuites à 5 Mbit/s et payante pour des débits disruptifs  de 1 gigabit/s (Frais de raccordement 300 $, 70 $ pour internet et Triple Play incluant TV et Inter à 120 $. Comparaison difficile avec l’offre actuelle en France mais le revenu moyen est d’environ 38€ pour un abonné ADSL en France contre l’offre Google d’environ 58 € à 100 € environ pour Google Fiber).

Comme nous l’indiquions dans notre article en 2011 (cf ci-dessous), cette incursion dans la construction de réseau d’accès, même si elle n’a peut-être pas vocation à être généralisée, interpelle et doit pousser les acteurs de notre pays à ne pas tarder à agir pour développer un écosystème favorable à l’innovation dans les services et à maintenir en France une industrie télécoms compétitive.

L’offre d’accès grand public à 1 Gigbits après l’Asie s’étend donc à l’Amérique du Nord. Combien de temps les grands acteurs européens pourront-ils l’ignorer ?

Article Usine Nouvelle du 25 octobre 2011

Article de Diffraction Analysis (Filiale internationale de TACTIS) sur le pilote FTTH de Google aux USA (Kansas City)

Google considers building fiber network in Europe. Paris, Google Senior Vice President David Drummond Friday 25th October 2011 said the U.S. Internet search giant is considering building a fiber network in a European country.

Soucieux de maîtriser de bout-en-bout ses infrastructures, le géant de la recherche pourrait prochainement investir dans son propre réseau en fibre optique dans un pays européen. De quoi relancer le chantier laborieux du déploiement du très haut débit ? Après un galop d’essai à Kansas City, Google serait prêt à étendre ses tests au Vieux continent. À l’occasion du forum « Nouveau monde 2.0 », organisé la semaine dernière à Paris par le ministère de l’Industrie, David Drummond, vice-président de Google, vient en effet d’indiquer que son groupe étudie la possibilité de déployer un premier réseau en fibre dans un pays européen. On ne sait pas où pour l’instant. Et encore moins si ce projet sortira un jour des cartons.

Mais pour les spécialistes, ce ne serait pas surprenant. « Avec son pilote de Kansas City, Google a pour objectif d’étudier tous les éléments de la chaîne de valeur et de sonder la viabilité économique d’un réseau neutre et ouvert », estime Stéphane Lelux, président du cabinet de conseil Tactis et membre du conseil d’administration du « think-tank » hexagonal Renaissance Numérique. L’autre objectif est bien sûr de « faire pression sur le régulateur » afin d’accélérer les déploiements.

En Europe et particulièrement en France, les besoins sont encore plus criants, d’après Stéphane Lelux : « En ce qui concerne le très haut débit, l’Europe se situe au troisième rang mondial, derrière l’Asie et l’Amérique du nord. La France, quant à elle, n’est qu’en dix-septième place sur les 27 pays européens, si l’on en prend en compte le nombre d’abonnés aux offres de fibre optique. »

La même erreur qu’avec le Minitel

Ce retard n’est pas sans rappeler certaines « erreurs » du passé. « La France est en train de prendre le même chemin qu’avec Internet au milieu des années 90. À l’époque, le pays avait beaucoup d’avance dans la télématique grâce au Minitel, et les acteurs nationaux, forts de cette avance, n’ont pas joué un rôle moteur dans le développement d’Internet », rappelle Stéphane Lelux.

Aujourd’hui, la France – qui « a pu créer un marché très dynamique dans l’ADSL » grâce au « dégroupage » et à son « patrimoine de fils de cuivre » – risque de prendre un chemin identique quitte à « se laisser distancer par ses compétiteurs mondiaux. » Très sollicités, les opérateurs actuels, soucieux de ne pas « diminuer leurs rentes dans l’ADSL », ne seraient d’ailleurs pas les mieux placés pour participer au développement de la fibre.

« Pour prendre une analogie historique, donner les clés de la fibre aux acteurs télécoms, c’est un peu comme si on n’avait seulement invité les industriels de la bougie à réfléchir au développement des réseaux électriques », s’amuse Stéphane Lelux.

Céline Colucci, déléguée générale du réseau de territoires innovants Les Interconnectés, se dit elle aussi « préoccupée » par le retard au démarrage des opérateurs français, et notamment par la récente « machine arrière » de Free. « Les collectivités, que ce soit sur les territoires ruraux ou dans les grandes agglomérations, veulent rester partie prenante pour que le mouvement s’accélère », explique-t-elle. « Et si de nouveaux interlocuteurs comme Google se présentent, il est clair qu’ils devront être intégrés à la réflexion. » Le 25 octobre 2011 par Christophe Dutheil, L’Usine Nouvelle

25 Oct 2011