L'introduction de la 5G dans les réseaux mobiles

Au-delà des promesses technologiques, quels sont les enjeux pour les utilisateurs, quelles sont les stratégies de déploiement pour tenir compte des spécificités des territoires et adresser les enjeux nationaux ?

Un cadre de déploiement de la 5G pour tenir compte des différents impératifs du pays

Le 2 avril 2020, l’Arcep a annoncé la qualification des quatre opérateurs mobiles- Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR – candidats à l’attribution de fréquences dans la bande 3,4-3,8 GHz, aussi appelée bande 3,5 GHz. Ils ont pris des engagements qui leur permettront d’obtenir, chacun, au terme de la procédure et pour un montant de 350 millions d’euros, un bloc de 50 MHz.

Le 29 septembre 2020, les quatre candidats ont été autorisés à participer à l’enchère principale pour l’attribution des 11 blocs de 10 MHz encore disponibles dans la bande 3,5 GHz. Le prix de réserve déterminé par le Gouvernement est de 70 millions d'euros par bloc de 10 MHz.

L'enchère s'est terminée le 1er octobre 2020 : le prix unitaire d’un bloc de 10 MHz a atteint 126 millions d’euros.

Cette enchère principale sera suivie en octobre d’une enchère pour le positionnement des fréquences des lauréats dans la bande puis de la délivrance des autorisations qui devrait avoir lieu en octobre ou novembre.

L’ouverture commerciale de la 5G se fera ensuite d’ici la fin de l’année à l’initiative des opérateurs.

À la suite de l’attribution, les opérateurs pourront proposer les premiers services commerciaux dans la bande 3,5 GHz. Le déploiement des équipements 5G dans cette bande se fera progressivement, sur plusieurs années.

L’attribution de nouvelles fréquences est un enjeu distinct du saut technologique comme par exemple l’arrivée de la 4G

Comme la 4G en son temps, la 5G a été conçue pour utiliser plusieurs bandes et cumuler les avantages des fréquences « basses » (en dessous de 1 GHz, comme la bande 700 MHz), « moyennes » (entre 1 et 7 GHz) et « hautes » (au-delà de 7 GHz).

Les bandes basses diffusent le signal très loin et couvrent donc un large territoire avec peu d'antennes. A l'autre extrême, les bandes hautes ont un rayon limité, mais leurs tuyaux sont très larges et offrent donc plus de débits ou servent plus de consommateurs en simultané. Au milieu, les bandes moyennes sont recherchées par les opérateurs, car elles offrent le meilleur des deux mondes : couverture et capacité.

La bande 3,5 GHz qui sera prochainement attribuée (310 MHz précisément, correspondant à la bande 3 490-3 800 MHz) représente environ la moitié du « gâteau » spectral dont les opérateurs disposent aujourd'hui. Ces fréquences nouvelles mises aux enchères par les Etats sont des ressources publiques rares indispensables pour permettre aux opérateurs d’accompagner la croissance avérée de la consommation de données par les utilisateurs.

Cette bande de fréquences est particulièrement adaptée au renforcement de la densification des réseaux dans les zones urbaines ou zones à fortes concentrations d’usages. A l‘inverse, la portée réduite des ondes de cette bande fait qu'elle n’est pas adaptée pour couvrir efficacement l’ensemble du territoire. En outre, la mise en œuvre de ces fréquences additionnelles implique pour les opérateurs d’installer de nouvelles antennes, ce qui prend du temps.

D’ores et déjà, des fréquences plus basses, et notamment la bande 700 MHz, permettent de déployer la technologie 5G. Ces bandes basses offrent le double avantage de couvrir des zones plus vastes et pénétrer beaucoup mieux dans les bâtiments.

Quelle que soit la bande de fréquences, le débit sera plus important en 5G qu'en 4G, du fait d'un codage plus efficace. La dernière technologie offre environ 15% de débit en plus par MHz, y compris dans la bande 700 MHz. Toutefois, la large quantité de fréquences disponibles dans la bande 3,5 GHz, dont les premiers déploiements devraient concerner notamment des zones urbaines denses, est de nature à permettre un saut de capacité, qui ne se produira pas avec la bande 700 MHz dans les zones rurales.

L’harmonisation européenne et le principe de neutralité technologique

Les textes de l’Arcep et du Gouvernement (décisions et arrêtés), qui portent sur les modalités et les conditions d’attribution d’autorisations d’utilisation de fréquences dans la bande 3,5 GHz en France métropolitaine, parlent de « réseau mobile ouvert au public » ou « système mobile terrestre », et non pas de 5G.

D’une manière générale, l’Arcep applique, dans le cadre de ses missions d’attribution des fréquences, le principe de neutralité technologique. Ce principe découle du cadre réglementaire européen.

La procédure d’attribution de la bande 3,5 GHz s’inscrit dans un contexte mondial et européen de mise en œuvre de la technologie 5G, qui correspond à l’écosystème du moment. Les conditions d’usage des fréquences appellent une harmonisation entre les Etats, avec une dimension aussi large que possible. L’harmonisation est essentielle pour contribuer au développement d’un marché suffisamment étendu, et in fine à l’émergence d’un écosystème. En France, ce travail d’harmonisation est conduit par l’ANFR (Agence nationale des fréquences).

Les nouvelles fréquences 3,5 GHz, adaptées plutôt aux zones urbaines denses, seront déployées ; la couverture des zones rurales doit se poursuivre simultanément

Dès 2017, la Présidence estonienne de l’Union européenne avait proposé une feuille de route pour la 5G, co-signée par tous les ministres chargés des communications électroniques des États membres, qui prévoit notamment la couverture 5G d'au moins une grande ville par État membre en 2020 et des principales zones urbaines et principaux axes de transport d’ici 2025.

Le sujet de la 5G n’est donc pas nouveau. Il était d’ailleurs déjà bien connu et engagé lors de la conclusion, en janvier 2018, du New Deal (accord conclu entre l’Etat, l’Arcep et les opérateurs, fixant des objectifs pour apporter la 4G à l'ensemble de la population dans les meilleurs délais). L’introduction, par les opérateurs, de la technologie 5G sur leurs réseaux ne doit ni remettre en question ni rendre obsolètes les dispositions du New Deal. Les deux chantiers répondent à des enjeux spécifiques et doivent être menés à bien, sans frottements.

Dans les zones rurales, l'enjeu n’est pas “d'afficher” une couverture 5G par principe mais bien d'améliorer l'expérience usager avec plus de débit et plus de couverture. Pour cela, l’introduction annoncée de la 5G dans les bandes basses, par exemple la bande 700 MHz, pourrait s’avérer déceptive, car ces fréquences, si elles permettent une couverture plus étendue, ne présentent pas les caractéristiques requises pour le “saut en débit”. A l'inverse, la bande 3,5 GHz est de nature à permettre un meilleur débit et plus de capacité, mais impose la multiplication, qui pourrait être de l’ordre de deux ou trois, du nombre d'antennes pour une couverture équivalente à celle actuellement disponible. C'est toute la complexité entre objectifs de couverture étendue et augmentation des débits par usager.

La 5G s’inscrit dans un processus continu d’augmentation du débit de connectivité mobile et offre un vrai saut en matière de “temps réel ou latence”

Le déploiement de la 5G s’inscrit dans une évolution continue depuis les années 1980 de technologies (GSM, UMTS, LTE) visant, au cours des générations successives, à transmettre la voix, puis les données, avec un accroissement du débit d’information. La mise en œuvre de la 5G s’inscrit également dans un objectif d’optimisation technico-économique de la connectivité, au bénéfice de l’ensemble des citoyens, et en cohérence avec les enjeux environnementaux croissants.

A chaque génération, le débit s’accroît : entre la 4G et la 5G, l’ordre de grandeur s’apparente, de manière approximative, à un facteur 10.

Débits associés aux différentes générations de réseaux mobiles
Débit maximal 0,3 Mbit/s 7,2 Mbit/s 42 Mbit/s 150 Mbit/s 300 Mbit/s – 1 Gbit/s 1 – 10 Gbit/s
Débit moyen 0,1 Mbit/s 1,5 Mbit/s 5 Mbit/s 10 Mbit/s 15 Mbit/s – 50 Mbit/s 50 Mbit/s et plus

La 5G, qui cohabitera avec les générations précédentes de réseaux mobiles, utilisera, dans un premier temps, des bandes de fréquences déjà exploitées par celles-ci ainsi que la bande 3,5 GHz.

Cette bande 3,5 GHz sera déployée pour répondre à la croissance du trafic de données et au problème de capacité des réseaux mobiles dans les zones urbaines denses. Plusieurs opérateurs mobiles ont mis en évidence un manque de ressources attendu vers 2022 en France, avec un risque de baisse de la qualité de service pour l’utilisateur. La consommation de données par les utilisateurs croît de manière très significative :

- Le volume total de données consommées sur les réseaux mobiles a ainsi été multiplié par 9 entre 2016 et 2020 ;

- La consommation mensuelle moyenne, par carte SIM, de données sur les réseaux mobiles a augmenté de 43% entre le premier trimestre 2019 et le premier trimestre 2020.

Tactis - Consommation moyenne des données sur les réseaux mobiles en gigaoctet

Les stations de base radio, qui communiquent avec les terminaux mobiles, fonctionnent aujourd’hui sur les technologies 2G, 3G et 4G. La 5G consistera en une évolution logicielle de ces équipements.

La mise en œuvre de la bande 3,5 GHz nécessitera l’ajout de nouvelles antennes, notamment sur les supports existants.

L’utilisation de cette bande 3,5 GHz permet la mise en œuvre d’antennes actives, i.e. antennes massive MIMO (multiple input multiple output), dites aussi « intelligentes ». Ces antennes ne sont d’ailleurs pas spécifiques à la 5G. Elles contiennent plusieurs petites antennes, pour des émissions focalisées. Cette solution doit permettre d’économiser l’énergie, à volume de données constant, en n’émettant qu’à la demande ou en se mettant en veille en l’absence de demande de service.

Des classes d’antennes-relais ont été standardisées par des organismes internationaux

• Antennes « macro » longue portée : puissances injectées de plus de 6,3 W (type d’antennes utilisées pour le réseau macro actuel des opérateurs) ;
• Antennes « micro » moyenne portée : puissances injectées comprises entre 250 mW et 6,3 W (type d’antennes indoor ou outdoor utilisées sur du mobilier urbain par exemple) ;
• Antennes « pico » de portée locale : puissances injectées comprises entre 100 mW et 250 mW (type d’antennes indoor, utilisées par exemple dans les centres commerciaux) ;
• Antenne « femto » de portée résidentielle : puissances injectées inférieures à 100 mW (antennes indoor utilisées chez les particuliers, comparable à des « box »).

Enfin, le passage à la 5G requiert de nouveaux terminaux. Le parc de terminaux se renouvelle naturellement par cycle d’environ deux ans.

Les fréquences radio : une ressource rare à optimiser

Le déploiement de la 5G dans les réseaux mobiles existants se fera de façon progressive. Une pratique bien établie dans le secteur des communications électroniques, en particulier mobiles, est d’assurer le changement dans la continuité, c’est-à-dire de déployer une nouvelle génération de manière incrémentale, en continuant d’exploiter les générations précédentes afin de garantir la continuité du service offert aux utilisateurs et leur laisser le libre choix de son évolution. Cette évolution s’accompagne d’une réutilisation progressive des anciennes bandes de fréquences par la dernière technologie déployée pour optimiser globalement l’usage du patrimoine de spectre (refarming).

La 5G doit prochainement se déployer dans la bande 3,5 GHz, historiquement utilisée pour des services par satellite ou des boucles radio locales, et peut utiliser des fréquences plus basses, déjà largement utilisées par les opérateurs mobiles.

700 MHz

Tactis - Répartition des fréquences 700 MHz

800 MHz

Tactis - Répartition des fréquences 800 MHz

900 MHz

Tactis - Répartition des fréquences 900 MHz

1800 MHz

Tactis - Répartition des fréquences 1800 MHz

1900 - 1920 MHz

Tactis - Répartition des bandes de fréquence 1900-1920 MHz

2,1 GHz

Tactis - Répartition des fréquences 2,1 GHz

2,6 GHz FDD

Tactis - Répartition des fréquences 2,6 GHz

2,6 GHz TDD

Tactis - Bande des 2,6GHz TDD

Source des graphiques ci-dessus : ANFR - Observatoire du déploiement des réseaux mobiles - Métropole - Résultats au 1er septembre 2020

Niveaux d’exposition aux ondes et 5G

Les valeurs limites d’exposition aux ondes électromagnétiques font l’objet, depuis 1998, de lignes directrices, élaborées par une organisation internationale non gouvernementale de nature scientifique, et appelée ICNIRP (international Commission on non-ionizing radiation protection). Cette organisation scientifique, reconnue notamment par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), établit ces valeurs limites d’exposition sur la base des seuls effets délétères aujourd’hui avérés : les effets thermiques sur les tissus, pour une exposition lointaine (antennes) comme pour une exposition proche (terminaux).

Les lignes directrices de l’ICNIRP représentent une référence pour l’OMS, l’Union européenne et une grande majorité des pays, dont la France, qui les a déclinées dans des dispositions réglementaires. De plus, la France a instauré une série d’autres dispositifs pour limiter davantage l’exposition du public au-delà de l’obligation du respect des valeurs limites d’exposition. La France a également mis en place des mesures de surveillance et de contrôle de l’exposition dans les lieux de vie et des émissions par les terminaux.

En France, les mesures actuelles de l’exposition sont largement en-deçà des valeurs limites fixées par la réglementation et leur médiane varie peu au cours des dernières années. Au total, moins de 1% des mesures d’exposition effectuées par l’ANFR dépassent le niveau retenu pour les points dits atypiques, c’est-à-dire soumis à un champ supérieur à 6 V/m, valeur dix fois inférieure au niveau de référence de l’ICNIRP correspondant aux futures bandes de la 5G.

Il est difficile de mesurer l’exposition liée aux usages (c’est-à-dire au contact des terminaux) qui, pourtant, en représentent usuellement la part prépondérante ; l’ANFR contrôle la conformité avec la réglementation des types de téléphones mis sur le marché.

Il est également complexe d’estimer l’évolution des niveaux d’exposition en France du fait de l’arrivée de la 5G. Les éléments disponibles à ce jour permettent d’estimer que l’introduction de la 5G dans la bande 3,5 GHz avec antennes actives ne générera pas de rupture en matière d’exposition dans les zones urbaines, où elle sera majoritairement déployée, par rapport aux évolutions observées avec les réseaux existants, mais peut contribuer à une augmentation du nombre de points atypiques, ce qui devra faire l'objet d'une vigilance particulière.

Les points atypiques sont des lieux dans lesquels les niveaux d’exposition du public aux ondes électromagnétiques dépassent substantiellement les niveaux généralement observés à l’échelle nationale. Le recensement annuel des points atypiques fait part des missions confiées à l’ANFR, en application des dispositions de la loi du 9 février 2015 relative à la sobriété, à la transparence, à l’information et à la concertation en matière d’exposition aux ondes électromagnétiques. Dans son recensement publié en avril 2020, l’ANFR faisait état de 29 points atypiques identifiés parmi 3 820 mesures effectuées en 2019.

La 5G : une technologie dotée de fonctionnalités natives permettant une plus grande efficacité énergétique mais un parc de terminaux à renouveler

Le poids du numérique dans les émissions mondiales de CO2 est de 3,5% ; ce niveau est loin derrière celui du transport, du bâtiment ou de l'énergie. En outre, au sein du numérique, les réseaux et les data centers ne comptent chacun que pour 20% du total.

Toutefois, pour les opérateurs de réseaux mobiles, et l’ensemble des parties prenantes, la maîtrise de la consommation énergétique des réseaux constitue une préoccupation majeure.

La forte croissance du trafic de données appelle la mise en œuvre d’évolutions technologiques sur les réseaux des opérateurs, pour que ceux-ci puissent adresser cette croissance tout en maîtrisant leur empreinte carbone et leurs coûts d’exploitation.

La consommation électrique des réseaux mobiles est, selon la technologie employée, variablement dépendante de leur utilisation. La consommation électrique d’une antenne en pic de trafic peut être jusqu’à trois fois supérieure à sa consommation au repos. Les équipements situés dans le cœur de réseau des opérateurs voient aussi leur consommation énergétique croître avec le trafic.

Dans ce contexte, afin de limiter les coûts d’exploitation de leur réseau dont la composante énergétique occupe une part importante, les opérateurs sont incités à améliorer leur efficacité énergétique, c’est-à-dire la consommation d’énergie nécessaire à la réalisation d’un usage donné.

Par rapport aux générations précédentes, et notamment la 4G, la 5G sera plus efficace s’agissant de la quantité de Megabits d’information délivrée pour une unité de consommation d’énergie donnée.

Toutefois, cette évolution technologique impose, aux clients qui souhaitent en bénéficier, de changer leurs terminaux. Plus globalement, l’enjeu environnemental porte notamment sur la durée de vie des smartphones et de leurs batteries. La nécessité de renforcer des mesures de recyclage des matériaux, et la recherche de solutions plus pérennes et moins polluantes (en lien notamment avec une réduction de l’exploitation de terres rares) pour les batteries, constituent un véritable défi, qui dépasse d’ailleurs largement le passage à la 5G et le secteur des télécommunications.

La mise en œuvre de la technologie massive MIMO pour améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources radio

Les déploiements des infrastructures 5G incluront l’implémentation de nouvelles antennes dites massive MIMO. Cette solution se caractérise par l’utilisation d’un nombre élevé de micro-antennes intelligentes situées sur le même panneau et améliore l’efficacité spectrale.

Les micro-antennes émettent le signal uniquement dans la direction du mobile en communication (on parle de faisceaux), plutôt que dans un large secteur comme le font les antennes communément utilisées en 4G. Cette caractéristique augmente significativement le débit délivré par une antenne, car plusieurs faisceaux peuvent être utilisés simultanément, chacun pouvant réutiliser les fréquences de la cellule.

Les antennes massive MIMO se distinguent par une conception ultra-intégrée. Elles concentrent les amplificateurs de puissance (dont le rendement bénéficie d’une amélioration continue) au niveau du radôme (abri pour antenne) en y combinant les éléments rayonnants, de l’électronique analogique et une partie digitale dédiée aux fonctions de gestion des faisceaux.

L’introduction dans les stations de base de fonctionnalités innovantes d’économie d’énergie

Les fonctionnalités d’économies d’énergie (mode veille à plusieurs niveaux), introduites dans les stations de base, permettront d’adapter la capacité et la performance du réseau suivant la demande et le trafic, tout en maintenant un niveau de qualité de service constant. Ces fonctionnalités, dites ASL (advanced sleep mode), déjà déployées sur les réseaux existants, prendront plus d’ampleur sur la 5G car elles ont été pensées et introduites par la normalisation 5G de la 3GPP (third generation partnership project).

Ces fonctionnalités ASL de la 5G constitueront pour l’opérateur un levier fort de maîtrise de ses coûts d’exploitation liés à l’énergie. Elles pourraient agir à terme à plusieurs niveaux promettant une réduction de 30 à 40% de la consommation totale d’un site. Elles seront le socle d’un réseau intelligent et dynamique capable d’optimiser au maximum sa consommation énergétique en fonction du trafic et des services qu’il offre.

La 5G n’est pas la solution universelle capable d’adresser tous les besoins : les technologies mobiles existantes sont et resteront pertinentes pour une multitude de scénarios d’usages

Les réseaux à faible consommation d’énergie de type LPWAN, par exemple LoRa, restent complètement pertinents pour l’IoT à bas débit.

Les différentes générations de réseaux mobiles, incluant la 5G, sont couramment associées à la mise en œuvre du haut débit mobile. Toutefois, ce haut débit mobile n’a pas vocation à répondre à tous les cas d’usages.

Par exemple, les réseaux à bas débit et faible consommation d’énergie, de type LPWAN (low power wide area network), constituent d’ores et déjà des solutions technologiquement éprouvées pour l'internet des objets (IoT, internet of things).

Ces réseaux LPWAN, par exemple LoRa, constituent déjà un formidable outil au bénéfice des collectivités territoriales, de l'industrie, des acteurs de l'immobilier, et plus largement de l’ensemble des citoyens. Ces utilisateurs ont initié ou réalisé des projets, parfois de longue date, pour mieux maîtriser les consommations en énergie (électricité, gaz, eau, éclairage public, etc.) ou gérer les déchets.

Ainsi, l’IoT, les fréquences radio et les réseaux mobiles constituent une brique incontournable des territoires intelligents et des stratégies environnementales. Ces réseaux IoT, à bas débit et faible consommation d’énergie, sont considérés comme un vecteur d’innovation permettant d’apporter des réponses concrètes aux défis environnementaux. Il est essentiel, pour tous les utilisateurs précités et bien d'autres, de continuer à inventer et mettre en œuvre tous les cas d'usages innovants qui s'inscrivent dans les feuilles de route des territoires intelligents.

Dans l’univers de l’IoT, la 5G cible plutôt la famille des objets connectés avec de forts besoins en débits (l’industrie 4.0, l’automobile et le véhicule autonome sont des exemples couramment cités). La 5G pourrait en effet permettre de favoriser le développement de l'IoT à haut débit, et de renforcer par exemple le recours à l'intelligence artificielle, qui appelle des flux accrus de données.

La technologie 4G, dans un modèle de réseau privatif, permet la mise en oeuvre, sur mesure, de réseaux mobiles professionnels de nouvelle génération.

Les collectivités et verticales de l’économie, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie, du transport, utilisent, de longue date, des systèmes de communications spécifiques. Pour relever les défis de la transformation numérique et de l’industrie du futur, ces acteurs ont identifié de nouveaux cas d’usages métiers, à très haut débit mobile. Digitalisation des processus, maintenance prédictive et préventive, supervision des infrastructures, vidéosurveillance, réalité augmentée, etc. constituent quelques exemples de ces usages métiers innovants.

Ceux-ci appellent la construction, sur mesure, de réseaux mobiles professionnels de nouvelle génération, basés par exemple sur les technologies 4G et IoT aujourd’hui. Plus que jamais, dans ce contexte particulier lié au Covid-19, de tels réseaux professionnels sont considérés par un nombre croissant d’organisations comme un socle pour contribuer à renforcer leur résilience, et à les ramener vers la croissance.

En mai 2019, l’Arcep a retenu la bande 2,6 GHz TDD pour l’ouverture d’un guichet d’attribution, dans l’objectif de contribuer à répondre aux besoins de connectivité des verticaux et aux enjeux de transformation numérique.

La technologie 4G, dans un modèle de réseau privatif, permet de concevoir des réseaux sur mesure, capable de répondre aux exigences fortes en termes de débit, latence et qualité de service. Cette technologie est ainsi en mesure de répondre aux usages métiers actuels et la plupart des nouveaux besoins identifiés à ce stade.

Les réseaux en cours de déploiement dans cette bande 2,6 GHz TDD (EDF, Hub One, Air France, Transdev) pourront, le moment venu, évoluer vers la 5G, en cohérence avec, notamment, le développement de l’écosystème.

Les technologies 3G et 4G permettent de concevoir des solutions performantes pour permettre à tous de communiquer à l’intérieur des bâtiments.

La couverture mobile “naturelle” ne répond pas à tous les besoins indoor. D’une part, 80% des connexions mobiles se font à l’intérieur des bâtiments. D’autre part, certains environnements indoor sont peu propices à la bonne propagation des ondes provenant des relais extérieurs déployés par les opérateurs commerciaux. Il s’agit par exemple de bâtiments éco-performants / HQE (matériaux d’isolation thermique, double vitrage, béton armé, etc.), d’entrepôts métalliques, de sous-sols, ou encore de parkings souterrains.

A l’intérieur de ces bâtiments ou enceintes complexes, la mise en oeuvre d’une solution de couverture indoor vise à offrir un réseau à très haut débit, performant et fiable.

Parmi les multiples solutions de couverture indoor, les systèmes d’antennes distribuées (DAS, distributed antenna system) permettent d’apporter une couverture multi-opérateurs. Dans la mesure où il s’agit d’apporter une capacité dédiée à l’intérieur du bâtiment, les technologies 3G et 4G actuelles répondent aux besoins ; l’intérêt d’introduire la 5G n’apparaît pas comme une priorité.

L’hétérogénéité des cas d’usages impose la mise en œuvre d’une diversité de stratégies et de solutions technologiques. Le cabinet de conseil Tactis accompagne un nombre croissant d’acteurs publics et privés dans le développement d’infrastructures de télécommunications et de services numériques innovants, durables et profitables à tous. Tactis est présent notamment pour comprendre les besoins spécifiques de chacun de ses clients, puis définir la meilleure combinaison des solutions, adaptée spécifiquement aux besoins du client, en cohérence avec les enjeux complexes techniques, économiques, sanitaires et environnementaux.

Sommaire
    Add a header to begin generating the table of contents
    Florence Erpelding - Tactis

    Florence

    Experte connectivité mobile
    Florence a une expérience de près de 20 ans dont plus de de la moitié au sein de l'Arcep et l'Agence nationale des fréquences. Florence est en charge du développement de projets de connectivité mobile auprès notamment des collectivités territoriales, des régulateurs, des investisseurs, des opérateurs de télécommunications et des aménageurs en France et à l'international.

    Une question ?

    Contactez Florence Erpelding

    Une question sur la 5G ? Besoin d'une levée de doute en vue d'un futur projet ? Envoyez un email à Florence Erpelding, experte connectivité mobile Tactis.

    Florence Erpelding - Tactis

    Florence Erpelding

    Experte connectivité mobile
    Florence a une expérience de près de 20 ans dont plus de de la moitié au sein de l'Arcep et l'Agence nationale des fréquences. Florence est en charge du développement de projets de connectivité mobile auprès notamment des collectivités territoriales, des régulateurs, des investisseurs, des opérateurs de télécommunications et des aménageurs en France et à l'international.