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mercredi 26 mai 2010 |
Les infrastructures et l’économie numérique grands absents du plan de Relance en France : article publié par Stéphane LELUX dans "Autoroutes de l’information et territoires" - Janvier 2009
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> Les infrastructures et l’économie numérique grands absents du plan de Relance en France : article publié par Stéphane LELUX dans "Autoroutes de l’information et territoires" - Janvier 2009 Relance 2.0 La France aura-t-elle un véritable plan de dynamisation du secteur des TIC ? Deuxième appel à un New deal numérique fondé sur un programme ambitieux de soutien au déploiement du FTTH pour l’émergence de services et d’usages innovants du très haut débit. L’annonce du plan de relance fin 2008 a ignoré les Technologies de l’Information (TIC) et déçu les acteurs du développement économique et des territoires, sensibles aux enjeux des infrastructures numériques. Pourtant, la France venait de présenter quelques semaines plus tôt " France Numerique 2012 ", sur lequel le plan de Relance aurait pu s’appuyer pour renforcer certains objectifs et ainsi positionner notre pays en leader d’un " new deal numérique ". Le nouveau Président des USA a finalement été plus rapide. Il a annoncé sa volonté de "renouveler les autoroutes de l’information" pour stimuler l’économie des infrastructures "broadband" pour la santé et l’éducation. Le coût d’un plan fibre aux USA a été estimé à environ 100 milliards de $. Une étude évalue qu’avec 20% des foyers abonnés au FTTH près de 300000 emplois directs seront créés aux USA (Source : Brookings Institute). ITIF (groupe de prospective indépendant) démontre même qu’investir immédiatement 10 milliards $ dans la fibre créerait plus de 500 000 emplois directs et indirects... Le plan de relance français cible des secteurs-clés pour lesquels des mesures d’urgences sont nécessaires (Automobile, BTP , transport). La politique de grands travaux est une de ces clés. Cependant, les autoroutes numériques du XXIe siècle en sont absentes, alors que le plan se mobilise pour les routes du siècle passé. La France dispose déjà d’un des plus denses maillages routiers au monde : 400 000 km en dehors des voies communales (630 000 km) et chemins ruraux (600 000 km), soit plus de 1,6 millions de km. Toutes choses égales par ailleurs si nous devons mettre 1 euro public dans le BTP rapportera-t-il plus à terme en étant consacré à des travaux télécoms ou routiers ? Le FTTH c’est essentiellement du BTP (70%) et le reste des activités quasi intégralement basé au niveau national. Est-il donc absurde de l’inscrire dans les grands travaux de la relance ? Cette question est d’autant plus pertinente que l’accélération du passage du cuivre à la fibre optique est non seulement un investissement de bien durable (30 ans au moins pour le génie civil) mais aussi un élément structurant pour tous les secteurs économiques. L’enjeu du déploiement de la fibre optique se situe donc à deux niveaux, d’une part en boostant les secteurs BTP, ingénierie, installation et industrie télécom durant la phase de construction (20 à 25 milliards d’euros). Et d’autre part, sur le long terme, c’est un formidable moteur pour la croissance des TPE/PME dans tous les secteurs, la compétitivité internationale, la qualité de vie des citoyens et une meilleure gestion l’environnement. Le basculement rapide vers le FTTH permettra un foisonnement des métiers de services en ligne (santé, loisirs, éducation, formation) et augmentera la performance des TPE/PME de tous les secteurs (partage de ressources via le réseau) qui souffrent d’une taille critique trop faible face à leurs compétitrices étrangères pour s’approprier isolément les atouts du numérique. Ce qui va bouleverser notre paysage ce n’est pas tant la technologie optique ou la course en avant des débits, comme certain le critique. C’est l’impact du FTTH sur les services et les usages qui sera structurant : avec la symétrie des flux qui permet d’émettre autant que de recevoir, l’instantanéité de la vitesse de la lumière qui abolit les distances, les capacités décuplées des transmissions qui permettent d’enrichir le contenu (HD, 3D) et l’égalité de la qualité de service en tout point du territoire ce qui n’est pas le cas avec l’ADSL ou d’autres technologies radios. Pour autant les autres technologies ont une complémentarité notamment pour la mobilité, le nomadisme... La Fibre pour tous peut donc être perçue comme une utopie ou comme une opportunité majeur à ne pas rater. Est-il absurde d’envisager de l’inscrire dans un plan de relance 2.0 à une échéance de 5 à 10 ans ? Sans mettre plus à découvert les finances publiques, un programme FTTH ambitieux permettrait de mieux mobiliser les ressources privées des opérateurs télécoms, de grands acteurs des infrastructures, des investisseurs institutionnels, mais aussi de faciliter le rôle moteur des collectivités. Des mesures législatives devraient, par exemple, favoriser l’investissement d’une collectivité dans une structure de type SEM minoritaire (comme le prévoit France Numérique 2012). Il faudrait, en parallèle, une plus forte mobilisation de la Caisse des dépôts dans ces projets en tant qu’investisseur et des garanties d’Etat pour les emprunts, inciter les EPCI à se regrouper pour mener des projets plus structurants, mobiliser une partie des fonds d’épargnes, inciter fiscalement, mais également engager une politique de soutien aux nouveaux services très haut débit via les pôles de compétitivités. Plus globalement, il faudrait un " Programme de soutien pour le développement rapide du FTTH en France". Le " Green IT " sera, on l’espère, une des priorités de Nathalie Kociusko Morizet au secrétariat d’Etat au Numérique, entraînant la création de dizaine de milliers d’emplois dans le secteur des infrastructures, des centaines de milliers étant concernés par celui des services et le bouleversement transversal qu’induit ces innovations sur toute l’économie et sur la qualité de vie des citoyens. C’est un des principaux défis qui s’offre à notre pays dans les prochaines années. La crise est une opportunité qu’il faut savoir saisir à temps, et de la bonne façon, si l’on veut en sortir avec une économie et des territoires renforcés. Stéphane LELUX, Président du Cabinet TACTIS - membre de l’Association Renaissance Numérique. Février 2009 http://www.renaissancenumerique.org À télécharger
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