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mercredi 26 mai 2010 |
Fibre optique : Pour le Conseil Économique, Social et Environnemental, le temps presse.
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> Fibre optique : Pour le Conseil Économique, Social et Environnemental, le temps presse. Yahoo News : Pour le Conseil Économique, Social et Environnemental, le temps presse. Dans un très long rapport, le CESE s’alarme de la lenteur du déploiement du très haut débit (la fibre optique) et du haut débit dans les zones blanches. « Selon l’ARF, si rien n’est fait dès maintenant, le très haut débit ne concernera que 40 % de la population française en 2020 » s’inquiète le CESE, alors que certains pays européens et surtout le Japon ont une avance importante dans ce secteur. « Les zones peu denses se trouveront confrontées à des problèmes identiques à ceux qu’elles ont connus pour leur couverture en haut débit, ce qui créera une nouvelle fracture numérique » rappelle le CESE. Selon le Conseil et l’observatoire TACTIS, si l’Île-de-France devrait en 2013 être particulièrement bien pourvue avec 3 millions de logements éligibles à la fibre, et si les régions PACA et Rhône-Alpes se contenteront de 430 000 et 400 000 foyers éligibles, les autres régions hors Nord-Pas de Calais (220 000), Aquitaine (190 000), Midi-Pyrénées (160 000) et Alsace (140 000) seront toutes en deçà des 100 000 foyers fibrés. Conclusion, il faut immédiatement passer la vitesse supérieure pour se rapprocher d’ici à 2020 d’une couverture de 100 % de la fibre optique ou de technologie tout aussi véloce : « Le CESE estime que tous les acteurs (État, collectivités, opérateurs) ensemble et dès maintenant doivent conduire de telles démarches non seulement pour offrir le haut débit partout, mais aussi pour aller vers le très haut débit, avec comme perspective un accès à tous les usagers dans les 10 ans à venir. Cet objectif nécessite d’agir à la fois sur les réseaux de collecte et sur les réseaux de desserte. » Haut débit : les zones blanches très coûteuses La première étape consiste donc à proposer à toute la population ce que nomme le CESE le débit minimum (soit une connexion permanente et forfaitaire pour tous à 2 Mb/s) voire du haut débit (10 Mb/s, permettant de bénéficier du triple play). Ces fameuses zones blanches, qui représentent entre 1 et 2 % du territoire, impliquent cependant un coût élevé, très élevé, pour passer à un débit digne de ce nom. En effet, selon le Conseil, « il aura fallu 2 à 3 milliards d’euros pour équiper la quasi-totalité du territoire en ADSL, il faut encore de 500 millions à 1 milliard pour couvrir les 2 % de zones blanches car il s’agit de desservir les zones les moins rentables, les plus difficiles d’accès, ce qui nécessite souvent de modifier la structure même du réseau et de recourir à des techniques plus onéreuses ». Fibre optique : les zones urbaines bien plus rentables La seconde étape implique, vous l’aurez compris, le développement du très haut débit, soit pour le Conseil une ligne atteignant jusqu’à 100 Mb/s. Citant un rapport de l’IDATE datant de 2006, de lourds investissements devront être réalisés pour équiper comme il se doit l’Hexagone : 10 milliards d’euros pour les grandes villes (soit 40 % de la population), 30 milliards d’euros pour les autres villes et la campagne. Ces chiffres sont plus ou moins confirmés par l’AVICCA (Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel), qui a pour sa part mesuré le niveau d’investissement total à 47 milliards d’euros, dont 28 milliards pour les zones de faible densité (soit à peine 11 millions d’habitants, pour un total d’environ 65 millions pour la France). « Les zones urbaines, plus immédiatement rentables, pourront être rapidement couvertes par l’initiative privée seule à condition que le cadre réglementaire soit favorable » déduit logiquement le CESE. Reste que les zones moins denses sont bien plus coûteuses - on parle de 3500 euros par prise, contre 500 euros en zone urbaine. Or « aucun modèle économique d’initiative privée non subventionné ne semble rentable au-delà de 1 200 euros » s’alarme le Conseil ! « Le risque d’accroître la fracture numérique est donc particulièrement avéré. » Les collectivités doivent réagir rapidement En somme, si l’on ne fait rien, seules les grandes villes seront fibrées. Le CESE appelle donc, pour résoudre ce problème épineux, à ce que les collectivités, parfois aidées par l’État (pour une question d’aménagement du territoire), se coordonnent et soient sensibilisées par le déploiement de la fibre optique. Favoriser le co-investissement pour un meilleur partage des coûts sera aussi indispensable pour les zones à faible densité. Et bien évidemment, la mutualisation, sujet particulièrement houleux entre les FAI actuellement - notamment sur le fameux point de mutualisation - doit tout bonnement être imposée. « À travers la réduction de cette fracture, l’objectif est de promouvoir le développement économique des territoires par une politique de solidarité nationale, territoriale et sociale. » La fibre, pour quoi faire ? Enfin, le Conseil répond à une question que certains se posent, alors que leur débit ADSL ou câble leur semble suffisant : à quoi va servir la fibre optique ? « Dans le secteur des TIC, les besoins se découvrent à mesure que les techniques rendent possibles certaines utilisations - par exemple, l’explosion des SMS fut une véritable surprise. Il n’existe pas une application particulière justifiant à elle seule une augmentation des débits de connexion. C’est l’agrégation des usages qui conduit à des besoins sans cesse croissants. Les usages acquis doivent donc bien être différenciés des usages à développer et ce sont ces derniers qui doivent servir de référent pour promouvoir les réseaux. C’est la disponibilité du haut débit qui génère et accélère les usages avancés et non l’inverse. » |